Le Sabotier


 Un sabot est une chaussure taillée dans un seul morceau de bois. La partie creusée épouse la forme du pied. Le sabotier connait les techniques nécessaires à sa fabrication et  parfois à son ornementation.

En raison du caractère à la fois noble et rustique de cette chaussure, il existe une grande variété de paires de sabots, des plus simples ou grossières aux plus luxueuses,  des plus techniques ou pratiques par leurs usages aux plus esthétiques par leurs formes ou leurs dessins.


L'origine du sabot :

L’origine du sabot est mal connue.  Ce type de chaussures apparait entre 1480 et 1520. Au moyen âge, on trouve mention de fabricants de sabots lors des foires, ils sont portés essentiellement par les bûcherons dans les régions froides et neigeuses. A partir du 18ème siècle,  l’usage du sabot  se développe essentiellement dans les campagnes, chez les laboureurs, cultivateurs et paysans ainsi que leur famille.             

Au 18ème siècle, Le sabotier, comme le charbonnier,  vit avec sa famille dans une hutte qu’il construit aux abords des forêts, tout près de la matière première qu’il utilisent. Il y reste tout ou partie de l’année. Le sabotier  choisit, abat et débite lui-même son bois sur place.  

Au 19ème siècle, le sabot est de plus en plus utilisé : chaque village a son sabotier pour répondre à la consommation de 5 à 6 paires de sabots par an pour un travailleur des champs. Une règlementation mise en place impose que les ateliers soient situés à une distance d’au moins une demie-lieue des forêts. 

A partir de 1854, le terme de saboterie s’impose pour désigner les modestes fabrications artisanales ou industrielles de sabots. Le sabot connait sa période faste durant le 19ème siècle, jusqu’à la Grande Guerre. Ensuite et malgré la mécanisation, son usage décline. Après la seconde guerre mondiale , Il est remplacé par la botte en caoutchouc ou en cuir, bien plus pratique pour conduire le tracteur …. 

La fabrication des sabots :

 Pour la fabrication des sabots, les essences de bois utilisées sont souvent le bouleau, le peuplier, parfois de l’orme, du hêtre ou de l’acacia. Le noyer sert à la fabrication de sabot de « luxe ». Le chêne et le frêne ne sont pas utilisés car trop lourds.

Le sabotier choisit le bois en fonction de l’utilisation future du sabot et des habitudes régionales. Chaque essence a ses défauts et ses qualités : légèreté, résistance, difficultés à  travailler le bois,…

Les étapes de réalisation et les principaux outils utilisés :

Le sabot est réalisé d’un seul tenant à partir d’une bûche taillée à la bonne dimension à l’aide de la hache puis à l’herminette. Le sabotier  poursuit en créant la forme  extérieure du sabot  avec le paroir qui  est accroché à l’anneau fixé sur un établi . La lame ébauche également la semelle  et le talon.

Le sabotier creuse ensuite le sabot sur le banc à creuser qui permet de bloquer le sabot pour le travailler. La tarière, sorte de vrille de 40 cm, est alors utilisé puis la la cuiller (ou cuillère), outil tranchant en forme de cuillère. Le creusage est finalisé à l’aide du boutoir et de la ruine. 

Un décor peut être réalisé avec une rainette.

Les sabots sont fabriqués avec du bois vert ; le séchage intervient dès sa fin de fabrication, ils sont  rangés au grenier durant trois à quatre mois selon le bois utilisé. Certains sabots sont complétés d’une bande de cuir sur le coup de pied, le contact du cuir étant moins rude que celui du bois. 

De nos jours :

Aujourd’hui, il ne reste que quelques sabotiers en France, l’usage du sabot se limitant à la décoration, à l’usage par quelques  groupes folkloriques ou associations perpétuant les arts et traditions populaires.