Le Rémouleur


Le métier de rémouleur est très ancien.

Le rémouleur est la personne qui aiguise (ou repasse) les ustensiles coupants et tranchants des ménagères ou des commerçants, mais aussi dans le passé, les poignards et les épées des gentilshommes, sur une petite meule ambulante.

Souvent originaire d'une région pauvre le rémouleur part sur les routes chercher un hypothétique complément de revenu. Son voyage durait de février à novembre, soit une dizaine de mois et qui amenait le rémouleur à parcourir plus de 1.000 kms pendant cette période. Dans les grandes villes, ou de village en village, il s'arrêtait à chaque coin de rue en agitant sa clochette et en criant: "Rémouleur, rémouleur ! Repasse couteaux ! Repasse ciseaux !". Leurs cris et le crissement de leur meule sur le métal, faisaient dans le temps partie des bruits typiques des grandes villes.

Au début du XVème siècle, la corporation des rémouleurs détient le privilège d'aiguiser les ciseaux des tondeurs de draps, appelés "Grandes Forces". Elle reçoit de Charles VI des statuts précis et rejoint celle des couteliers à la fin du XVème siècle. En 1807, la loi leur fait obligation d'avoir un passeport pour sortir de France, mais aussi pour voyager sur le territoire.

L'équipement du rémouleur a évolué au fil du temps pour devenir à la fin un engin relativement sophistiqué.

  • Au début, il s'agissait d'un simple bâti muni d'une lourde meule de grès actionnée à la main par un apprenti. Le bâti était transporté sur le dos au moyen d'une sangle.
  • Plus tard, une brouette a rendu le transport moins fatiguant, le rémouleur y ajoute une réserve d'eau pour lubrifier la meule et par la suite, la fameuse pédale qui lui permettra d'actionner lui-même la meule à l'aide du pied. Ensuite la brouette est devenue une charrette plus évoluée, mais toujours tirée par le rémouleur. La taille de la machine augmentant, on y ajoute un étau pour affûter les scies, une petite enclume et un marteau pour redresser les lames tordues et riveter l'axe des ciseaux.
  • La dernière innovation de la charrette est l'utilisation de la démultiplication à l'aide d'une grande roue et une courroie.

Le métier de rémouleur qui était encore très commun jusqu'à entre les deux guerres mondiales, a presque totalement disparu. En 2007, il n'en reste plus que 6 ou 7 à Paris, dont la moyenne d'âge est assez élevée. Après leur départ à la retraite, il est presque certain que le métier aura disparu. Au début du xxe siècle, en Europe, le métier de rémouleur était une spécialité des Yéniches, surnommés aussi "Tziganes blancs". Le rémouleur, comme de nombreux autres petits métiers, est victime du progrès (les couteaux en inox s'usent moins vite) et de la société de consommation (avec l'automatisation et l'importation de pays en voie de développement, le prix des couteaux a chuté et ne justifie même plus leur ré-aiguisage).

Sainte-Catherine est la patronne des rémouleurs.